Après un recul de 2,5 % en 2023, le patrimoine économique national a rebondi de 2,6 % en 2024, atteignant 19 559 milliards d’euros. Cette progression est principalement tirée par la hausse des actifs financiers, tandis que le patrimoine non financier, dominé par l’immobilier, reste stable. Décryptage des tendances et des disparités entre ménages, entreprises et administrations publiques.
À retenir
- Patrimoine national en hausse : +2,6 % en 2024, après -2,5 % en 2023, porté par les actifs financiers.
- Immobilier en repli : La valeur des terrains baisse (-2,7 %), mais celle des constructions progresse.
- Ménages toujours majoritaires : Ils détiennent 76,5 % du patrimoine national, avec une richesse totale de 14 953 milliards d’euros.
- Droits à pension en croissance : +6,4 % en 2024, représentant 3,3 % des actifs financiers des ménages.
- Sociétés non financières en rebond : Leur patrimoine augmente de 11,6 %, après une chute de 7,1 % en 2023.
- Dette publique en hausse : Le patrimoine net des administrations publiques recule de 50 milliards d’euros.
Le patrimoine national en 2024 : une reprise contrastée
Une richesse totale en rebond
Fin 2024, le patrimoine économique national s’élève à 19 559 milliards d’euros, en progression de 2,6 % après une baisse de 2,5 % en 2023. Cette embellie est principalement due à la hausse des actifs financiers (+2,5 %), tandis que le patrimoine non financier (immobilier, terrains, équipements) reste stable (+0,0 %).
Répartition du patrimoine par secteur
| Secteur | Patrimoine (milliards €) | Part du total | Évolution 2024/2023 |
|---|---|---|---|
| Ménages | 14 953 | 76,5 % | +0,7 % |
| Sociétés non financières | 3 860 | 19,7 % | +11,6 % |
| Administrations publiques | 690 | 3,5 % | -50 milliards € |
| Sociétés financières | 56 | 0,3 % | Stable |
L’immobilier : un bilan mitigé
Le patrimoine non financier, qui représente 79 % du patrimoine national, est tiré vers le bas par la baisse de la valeur des terrains (-2,7 %), tandis que celle des constructions augmente légèrement. Résultat : la valeur des logements et terrains des ménages recule de 0,8 %, après -2,8 % en 2023.
- Logements : +1,2 % (après +3,0 % en 2023)
- Terrains bâtis : -3,2 % (après -8,9 % en 2023)
Analyse : La baisse des prix du foncier, amorcée en 2023, se poursuit, mais est partiellement compensée par la hausse de la valeur du bâti.
Les ménages : une richesse toujours concentrée sur l’immobilier
Les ménages restent de loin les principaux détenteurs de patrimoine (76,5 % du total), avec une richesse totale de 14 953 milliards d’euros (+0,7 %).
Actifs financiers en progression
- Assurance-vie et droits à pension : +3,6 % pour l’assurance-vie, +6,4 % pour les droits à pension (147 milliards d’euros dans les fonds de pension).
- Numéraire et dépôts : +1,4 %, avec une préférence marquée pour les livrets réglementés (Livret A, LDDS).
- Actions et fonds d’investissement : +1,5 %, après un rebond de +11,7 % en 2023.
Endettement stable
Les crédits des ménages sont stables (+0,0 %), avec un flux net de seulement 3 milliards d’euros en 2024 (contre 23 milliards en 2023). Les taux des crédits nouveaux à l’habitat ont baissé, passant de plus de 4 % à 3,3 % en moyenne sur l’année.
Sociétés non financières : un rebond marqué
Le patrimoine des sociétés non financières (SNF) rebondit de 11,6 %, après une chute de 7,1 % en 2023. Cette amélioration s’explique par :
- Patrimoine financier net : En hausse de 351 milliards d’euros, malgré un solde toujours négatif (-2 537 milliards d’euros).
- Actifs non financiers : +0,8 %, porté par la hausse des constructions et des terres agricoles.
À noter : Les SNF sont le premier contributeur à la hausse du patrimoine national, malgré leur poids relatif (19,7 %).
Administrations publiques : une dette qui pèse
Le patrimoine net des administrations publiques recule de 50 milliards d’euros, à 690 milliards d’euros (3,5 % du total). Leur patrimoine financier net reste négatif (-2 132 milliards d’euros), et la dette publique (au sens de Maastricht) augmente de 203 milliards d’euros.
- Actifs financiers : +57 milliards d’euros, mais insuffisant pour compenser la hausse des passifs.
- Dette publique : En valeur nominale, elle atteint un niveau record, reflétant le poids des dépenses publiques et des emprunts.
Droits à pension : une progression continue
Les droits à pension des régimes par capitalisation (fonds de pension, assurances) continuent leur ascension, avec un encours total de 381 milliards d’euros (dont 147 milliards dans les fonds de pension). Ils représentent désormais 3,3 % des actifs financiers des ménages, contre 3,2 % en 2023.
Graphique : Évolution des droits à pension et de l’assurance-vie (2004-2024)
Source : Insee, Banque de France, comptes nationaux 2024.
Conclusion : une reprise inégale
Le rebond du patrimoine national en 2024 est une bonne nouvelle, mais il masque des disparités fortes :
- Ménages : Leur richesse progresse, mais reste dépendante de l’immobilier et des actifs financiers.
- Entreprises : Les SNF profitent d’un rebond, mais leur endettement reste élevé.
- État : La dette publique continue de peser sur le patrimoine net.
Perspective : La stabilisation du marché immobilier et la performance des actifs financiers seront déterminantes pour 2025.
