Exportations régionales : les PME et ETI, acteurs essentiels mais concentrés sur quelques pôles

Selon la dernière étude de l’Insee, publiée en octobre 2025, les établissements français ont exporté en 2022 près de 470 milliards d’euros de marchandises. Parmi ces exportations, 192 milliards proviennent d’entreprises dont l’activité est principalement localisée dans une seule région. Ces établissements dits « régionaux », pour la plupart des PME et des ETI, illustrent à la fois la vitalité du tissu industriel français et une forte concentration géographique des échanges.

Une activité concentrée sur un petit nombre d’entreprises

L’étude révèle que 97 000 établissements régionaux exportent, mais que la majorité du commerce extérieur repose sur une minorité d’entre eux.

  • Les 100 premiers exportateurs régionaux réalisent à eux seuls 22 % des exportations régionales, soit 42 milliards d’euros.
  • Les exportateurs réguliers (ceux qui exportent chaque année depuis au moins quatre ans) représentent 84 % des exportations régionales.
  • Les ETI, bien que ne constituant que 14 % des exportateurs, génèrent près de 70 % de la valeur totale exportée (133 milliards d’euros).

Ces chiffres confirment que la capacité à exporter dépend fortement de la taille et de la structuration des entreprises. L’appartenance à un groupe, notamment international, favorise également la présence sur les marchés étrangers.

Des filières industrielles et agricoles au cœur des exportations

Les produits exportés reflètent les spécialisations territoriales françaises.
Trois grands ensembles dominent :

  • Produits chimiques (13,5 %), dont les parfums et cosmétiques ;
  • Machines et équipements industriels ;
  • Produits des industries alimentaires, parmi lesquels le vin et les céréales occupent une place importante.

Certaines régions incarnent ces spécialisations :

  • L’Île-de-France se distingue avec 18 % des exportations régionales, principalement dans le luxe, la parfumerie et l’aéronautique.
  • L’Occitanie reste un pôle majeur pour l’industrie aéronautique, autour d’Airbus.
  • La Normandie exporte d’importants volumes de céréales via le port de Rouen.
  • La Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté dominent les exportations de vin.

Des marchés extérieurs proches et stratégiques

Plus de la moitié (56 %) des exportations régionales sont destinées à des pays de l’Union européenne, principalement l’Allemagne (14 %), l’Espagne (8 %), l’Italie (8 %) et la Belgique (7 %).
Cette proximité géographique facilite les échanges, notamment pour les régions frontalières : le Grand Est exporte massivement vers l’Allemagne, tandis que les Hauts-de-France privilégient la Belgique.

Hors Union européenne, les États-Unis se placent en tête avec 7 % des exportations régionales (14 milliards d’euros). La Chine, la Suisse et le Royaume-Uni suivent, bien que ce dernier ait vu sa part baisser depuis le Brexit.

Les États-Unis concentrent notamment les exportations de parfums, vins et machines industrielles, tandis que la Chine importe majoritairement des produits de luxe et des vins.

Un commerce international influencé par les crises récentes

Les turbulences géopolitiques et économiques récentes ont modifié les équilibres.

  • Le Brexit a entraîné une chute des exportations vers le Royaume-Uni en 2020 (-16 %), avant une reprise en 2022.
  • La crise sanitaire a perturbé les chaînes logistiques mondiales.
  • La guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie ont divisé par deux les exportations vers ces deux pays, désormais limitées à 1 % du total.

Ces événements rappellent la dépendance de certaines filières à des marchés spécifiques et la nécessité de diversifier les débouchés.

À retenir

  • 192 milliards d’euros d’exportations régionales en 2022, réalisées par 97 000 établissements.
  • Une forte concentration : 100 entreprises réalisent 22 % des exportations.
  • Les ETI dominent largement les volumes exportés.
  • Les produits chimiques, agroalimentaires et machines constituent le cœur des échanges.
  • L’Europe demeure le premier partenaire commercial, mais les États-Unis et la Chine restent des marchés stratégiques.
  • Les crises récentes ont redessiné la géographie des exportations françaises.

Source : Insee Première n°2074 – octobre 2025, « Exports des PME et ETI : fortes spécificités géographiques ».