En 2025, la France a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024, confirmant une tendance à la hausse après une période de stabilité entre 2021 et 2023. Cette progression est principalement portée par les micro-entrepreneurs (+6 %) et les sociétés (+6 %), tandis que les entreprises individuelles classiques continuent de reculer (-4 %). Le commerce, les services administratifs et la logistique sont les secteurs les plus dynamiques, avec des hausses respectives de 11 %, 12 % et 6 %. À l’inverse, certains secteurs comme la construction ou les activités financières affichent des performances en demi-teinte, voire en baisse.
Cette croissance ne doit cependant pas masquer les disparités : si près de sept entreprises sur dix deviennent économiquement actives dans les deux ans, les écarts selon le statut juridique et le secteur restent marqués. Par exemple, seul un vendeur à domicile indépendant sur quatre démarre effectivement son activité dans ce délai, contre 87 % des sociétés.
L’e-commerce et le numérique, moteurs de la création d’entreprises

L’essor du numérique et de l’e-commerce est un facteur clé de cette dynamique. En 2025, les créations dans la vente à distance ont été multipliées par dix depuis 2017, passant de 3 200 à 30 800 pour les catalogues spécialisés, tandis que les plateformes de freelancing et les modèles SaaS (Software as a Service) se multiplient. Le secteur du e-commerce, en pleine expansion, a généré 212 000 emplois et atteint un chiffre d’affaires de 175,3 milliards d’euros, avec une adoption massive de l’IA générative (82 % des entreprises du secteur).
Les jeunes entrepreneurs sont particulièrement actifs dans les domaines du numérique, de la communication et de la santé, où les moins de 30 ans représentent souvent plus de 60 % des créateurs. À l’inverse, les secteurs exigeant des investissements lourds (bâtiment, transport de voyageurs) ou une expérience technique attirent moins les jeunes.
Créations d’entreprises par secteur en 2025 (en milliers)
| Secteur d’activité | Micro-entrepreneurs | Sociétés | Évolution 2025/2024 |
|---|---|---|---|
| Commerce | 106,2 | 46,0 | +11 % |
| Services administratifs et de soutien | 98,9 | 26,4 | +12 % |
| Transports et entreposage | 98,6 | 11,6 | +6 % |
| Information et communication | 53,2 | 20,1 | +8 % |
Pérennité et survie : des défis persistants
Le taux de survie à cinq ans des entreprises créées en 2018 s’élève à 69 % (hors micro-entrepreneurs), avec des disparités selon le statut juridique : 71 % pour les sociétés, contre 63 % pour les entreprises individuelles classiques. Les secteurs les plus pérennes sont l’industrie et les services spécialisés, tandis que le commerce affiche un taux de survie plus faible (60 % à trois ans).
Plusieurs facteurs influencent la pérennité :
- Le statut juridique : les sociétés résistent mieux que les entreprises individuelles.
- Le secteur d’activité : l’industrie et les services spécialisés survivent davantage que le commerce.
- Le profil du créateur : l’expérience, le diplôme et l’âge jouent un rôle positif. Les entreprises créées par des 50 ans et plus ont un taux de survie de 62,9 %, contre 54,5 % pour les moins de 30 ans.
Les femmes représentent 44 % des créateurs d’entreprises individuelles, une part stable, mais leur taux de survie reste inférieur à celui des hommes, surtout dans les secteurs traditionnellement masculins (construction, transports).
Une recomposition du paysage entrepreneurial
La hausse des créations reflète moins un boom de l’entrepreneuriat de croissance qu’une recomposition du travail indépendant et des services, dans un contexte économique toujours incertain. La simplification administrative, l’essor du statut de micro-entrepreneur et la numérisation des activités économiques ont facilité l’accès à la création, mais la transformation de ces projets en entreprises durables reste un enjeu majeur.
Les régions ultramarines (Réunion, Guyane, Guadeloupe, Martinique) affichent les plus fortes progressions, portées par le commerce et le numérique, tandis que l’Île-de-France, la Normandie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur tirent leur épingle du jeu en métropole.
Perspectives : innovation et adaptation comme leviers de succès
Pour les experts, l’avenir de l’entrepreneuriat en France dépendra de la capacité des créateurs à innover, à s’adapter aux mutations technologiques et à diversifier leurs sources de financement. L’accompagnement, la formation et l’accès à des réseaux de soutien seront déterminants pour maximiser les chances de succès, surtout dans un environnement marqué par l’instabilité géopolitique et les fluctuations des marchés.
En résumé :
- Record de créations en 2025, mais avec des disparités sectorielles et juridiques fortes.
- L’e-commerce et le numérique sont les principaux moteurs de croissance.
- La pérennité reste un défi, surtout pour les micro-entrepreneurs et les jeunes créateurs.
- L’accompagnement et l’innovation seront clés pour transformer l’essai.
