La France affiche une croissance de +0,9 % en 2025, légèrement inférieure aux attentes, mais avec un acquis de +1,0 % à mi-2026. Cette dynamique reste inégale selon les secteurs :
- L’industrie manufacturière (notamment l’aéronautique) et les services aux entreprises tirent la croissance, grâce à une demande extérieure soutenue et à la levée des contraintes d’approvisionnement.
- Le commerce extérieur contribue positivement (+0,6 point au T3 2025), mais les exportations restent vulnérables aux tensions géopolitiques et à la concurrence asiatique.
- La consommation des ménages reste atone (+0,3 % en 2025), freinée par un pouvoir d’achat en légère baisse (+0,5 %) et un taux d’épargne élevé (18,3 %), reflétant une prudence persistante.
→ Pour les TPE/PME : L’incertitude politique et économique pèse sur les décisions d’investissement et d’embauche. Selon Bpifrance, seulement 38 % des dirigeants prévoient d’investir en 2025 (contre 43 % en 2024), un niveau historiquement bas hors crise sanitaire. Les PME innovantes et exportatrices restent cependant plus optimistes, avec un solde d’opinion en hausse de +8 points.
| Indicateur | 2025 (prévision) | 2026 (acquis mi-année) | Tendance |
|---|---|---|---|
| Croissance du PIB | +0,9 % | +1,0 % | Légère reprise |
| Inflation | +1,0 % | +1,5 % | Hausse modérée |
| Taux de chômage | 7,7 % | 7,8 % | Stagnation |
| Taux de marge des SNF | 31,5 % | 31,7 % | Légère amélioration |
| Investissement des PME | -0,8 % | +0,2 % | Reprise timide |
| Taux d’épargne des ménages | 18,3 % | 18,0 % | Baisse légère |
Les défis majeurs pour les TPE/PME en 2025-2026
A. Une demande intérieure faible et une concurrence accrue
- 60 % des dirigeants citent l’insuffisance de la demande comme principal frein à leur croissance, devant les difficultés de recrutement (37 %) et les coûts élevés (énergie, salaires).
- Les carnets de commandes restent peu garnis, avec un solde d’opinion à -4 (contre une moyenne historique de +16). Les secteurs du tourisme et de la construction sont particulièrement touchés, tandis que les services aux entreprises résistent mieux.
→ Conséquence : Les TPE/PME reportent leurs projets d’embauche et d’investissement, privilégiant la prudence. 26 % des dirigeants envisagent même d’annuler des investissements en raison de l’incertitude politique.
B. La trésorerie : un enjeu critique sous tension
- 47 % des TPE/PME constatent une baisse de leur rentabilité en 2024, et 40 % un recul de leur chiffre d’affaires. Les retards de paiement (47 jours en moyenne) aggravent la situation, avec 84 % des dirigeants les considérant comme une menace directe pour leur trésorerie.
- Seules 30 % des entreprises utilisent des outils de financement court terme (découvert bancaire, affacturage), malgré des besoins croissants. 58 % ont dû solliciter des financements à court terme pour couvrir leurs besoins de trésorerie, mais 22 % n’ont pas obtenu le crédit souhaité.
→ Recommandation :
- Optimiser le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : automatiser les relances clients, négocier les acomptes fournisseurs, et réduire les stocks.
- Diversifier les sources de financement : recourir à l’affacturage, aux prêts participatifs, ou aux aides publiques (Bpifrance, régions).
- Anticiper les risques : souscrire une assurance-crédit (seulement 10 % des TPE/PME le font aujourd’hui) pour se prémunir contre les impayés.
C. L’investissement en berne : comment relancer la dynamique ?
- Les intentions d’investissement sont au plus bas depuis 2013 : 47 % des dirigeants prévoient d’investir en 2025 (contre 50 % en 2024 et 55 % en moyenne historique). Les investissements verts (transition énergétique, digitalisation) résistent mieux, mais restent insuffisants.
- Les freins principaux :
- L’incertitude politique (crainte de nouvelles taxes ou réglementations).
- Le coût du crédit, malgré la baisse des taux de la BCE.
- La faible visibilité sur la demande future.
→ Leviers d’action :
- Prioriser les investissements stratégiques : digitalisation, cybersécurité, et transition écologique (subventions disponibles via l’ADEME et les régions).
- Profiter des dispositifs fiscaux : crédit d’impôt innovation, suramortissement pour les équipements bas carbone.
- Externaliser certaines fonctions (comptabilité, RH) pour réduire les coûts fixes et gagner en flexibilité.
Opportunités et stratégies pour 2026
A. Secteurs porteurs et niches à exploiter
| Secteur | Tendance 2026 | Opportunités pour les TPE/PME |
|---|---|---|
| Services aux entreprises | Croissance modérée | Digitalisation, conseil, externalisation |
| Industrie (aéronautique, énergie) | Reprise | Sous-traitance, innovation, export |
| Économie circulaire | Forte demande | Recyclage, réparation, économie de fonctionnalité |
| Santé et silver économie | Dynamique | Services à la personne, télémedecine |
→ Focus : Les PME innovantes et exportatrices affichent un optimisme supérieur (+8 points de solde d’opinion). La Normandie et les Hauts-de-France se distinguent par une conjoncture plus favorable, grâce à des écosystèmes industriels résilients.
B. Transformation numérique : un accélérateur de compétitivité
- 78 % des dirigeants reconnaissent les bénéfices du numérique (communication client, gain de productivité), mais seulement 25 % y consacrent un budget en 2025 (contre 29 % en 2024).
- L’intelligence artificielle progresse (26 % d’utilisateurs en 2025, contre 13 % en 2024), mais son adoption reste inégale selon les secteurs (41 % dans les NTIC, 9 % dans l’agriculture).
→ Actions concrètes :
- Automatiser les processus (facturation électronique obligatoire dès 2026, gestion des stocks).
- Former les équipes aux outils digitaux (aides disponibles via France Num et les OPCO).
- Sécuriser les données : 52 % des dirigeants craignent le piratage, mais seulement 10 % ont souscrit une cyberassurance.
C. Transmission et reprise d’entreprise : un enjeu clé pour 2026
- 500 000 transmissions d’entreprises sont attendues d’ici 2030 en France. Le pacte Dutreil (abattement fiscal de 75 % pour les transmissions familiales) pourrait être élargi aux transmissions vers les salariés, facilitant la pérennisation des TPE.
- 16 % des dirigeants de TPE envisagent de cesser leur activité d’ici fin 2025, faute de repreneur ou de rentabilité.
→ Solutions :
- Anticiper la transmission : évaluer l’entreprise, former un repreneur interne (salarié), ou recourir à des plateformes de reprise (Réseau Entreprendre, CCI).
- Utiliser les dispositifs d’accompagnement : diagnostic transmission (Bpifrance), prêts à taux zéro pour la reprise.
Synthèse et recommandations stratégiques
À court terme (2025-2026) : Résister et s’adapter
- Sécuriser la trésorerie : optimiser le BFR, diversifier les financements, souscrire une assurance-crédit.
- Maintenir l’investissement critique : digitalisation, transition écologique, cybersécurité.
- Former et fidéliser les talents : face aux difficultés de recrutement, miser sur la montée en compétences des équipes.
À moyen terme (2026 et au-delà) : Se positionner sur les relais de croissance
- Cibler les secteurs porteurs : services aux entreprises, économie circulaire, santé.
- Développer l’export : profiter des dispositifs d’accompagnement (Business France, régions).
- Anticiper la transmission : préparer la relève pour pérenniser l’activité.
Conclusion : Un équilibre entre prudence et audace
La conjoncture 2025-2026 reste marquée par l’incertitude, mais aussi par des opportunités pour les TPE/PME qui sauront innover et s’adapter. La gestion rigoureuse de la trésorerie, l’investissement ciblé dans le numérique et la transition écologique, ainsi que la préparation de la transmission, seront les clés pour traverser cette période et rebondir dès 2027.

Défis économiques des PME françaises 2025-2026
