Climat des affaires en France : une légère embellie en novembre 2025, mais des défis persistants

En novembre 2025, l’indicateur synthétique du climat des affaires en France gagne un point, s’établissant à 98, selon l’Insee. Cette progression, bien que modeste, marque une amélioration par rapport aux mois précédents et rapproche l’indicateur de sa moyenne de longue période (100). Cependant, cette embellie reste contrastée selon les secteurs et ne doit pas masquer les fragilités structurelles de l’économie française.

Une amélioration globale, mais inégale selon les secteurs

Le climat des affaires rebondit dans les services, où l’indicateur gagne trois points pour atteindre 98, porté par une amélioration du sentiment des chefs d’entreprise concernant la demande prévue. Dans le bâtiment et le commerce de gros, la situation se maintient, avec des indicateurs stables, mais toujours en dessous de leur moyenne historique. En revanche, l’industrie et le commerce de détail enregistrent un repli, notamment en raison d’un recul des perspectives de production et des carnets de commandes, ainsi que d’une divergence entre le commerce de détail hors automobile (en hausse) et le commerce et la réparation d’automobiles (en baisse).

Indicateurs du climat des affaires par secteur (novembre 2025)

SecteurIndice (nov. 2025)Évolution vs octobre 2025Comparaison à la moyenne de long terme (100)
France (global)98+1 pointSous la moyenne
Industrie98-3 pointsSous la moyenne
Bâtiment96StableSous la moyenne
Services98+3 pointsProche de la moyenne
Commerce de détail*97-2 pointsSous la moyenne
Commerce de gros98StableSous la moyenne
  • y compris commerce et réparation automobiles.

Un climat de l’emploi toujours morose

L’indicateur de climat de l’emploi progresse légèrement (+1 point à 96), mais reste sous sa moyenne de longue période depuis juillet 2024. Cette timide amélioration est principalement tirée par les effectifs prévus dans les services (hors intérim). Le marché du travail reste donc un point de vigilance, d’autant que les prévisions de croissance pour 2025 et 2026 restent modestes (entre 0,5 % et 0,8 % selon les instituts), avec un taux de chômage attendu autour de 7,5 % à 8 %.

Les économistes soulignent que cette embellie intervient dans un contexte de forte incertitude politique et budgétaire, après plusieurs mois de tensions et de blocages institutionnels. Malgré ces aléas, la résilience des services et la stabilité du bâtiment constituent des signaux positifs, même si insuffisants pour inverser la tendance de fond.

Pouvoir d’achat et inflation : un répit pour les ménages et les entreprises

Côté inflation, la situation s’améliore : après un pic à plus de 5 % en 2022-2023, l’inflation est désormais maîtrisée (1,1 % en glissement annuel au troisième trimestre 2025). Les salaires de base progressent plus vite que les prix (+2 % sur un an contre +1,1 % pour l’inflation), ce qui soutient le pouvoir d’achat des ménages et, par ricochet, la consommation.

  • Pour les entreprises, la baisse des coûts de production (énergie, matières premières) et la modération salariale permettent une légère amélioration des marges, même si la demande reste atone dans certains secteurs.
  • Pour les ménages, le reflux de l’inflation et la hausse des salaires se traduisent par un gain de pouvoir d’achat, après plusieurs années de pression sur les budgets.

Cependant, la prudence reste de mise : les prévisions tablent sur une croissance molle pour 2026 (entre 0,9 % et 1,2 %), avec des risques liés à l’instabilité politique et aux tensions commerciales internationales.

Perspectives 2026 : entre prudence et opportunités

Les projections pour 2026 tablent sur une légère accélération de l’activité, portée par une reprise progressive de l’investissement et une demande extérieure plus dynamique. L’inflation devrait rester modérée (autour de 1,5 %), ce qui pourrait favoriser la consommation et l’investissement des PME.

Points de vigilance :

  • La dette publique, qui reste élevée (plus de 5 % du PIB en 2025), limite la marge de manœuvre budgétaire.
  • L’incertitude politique, tant en France qu’au niveau européen, pourrait freiner la reprise.
  • La compétitivité des entreprises, notamment face à la concurrence internationale, dépendra de leur capacité à innover et à s’adapter à un environnement économique volatile.

Opportunités :

  • Le tourisme et certains secteurs industriels (aéronautique, énergie) affichent une dynamique positive, avec une demande internationale soutenue.
  • Les taux d’intérêt, en baisse progressive, pourraient faciliter l’accès au crédit pour les TPE/PME.

Conclusion : une conjoncture en transition

La légère amélioration du climat des affaires en novembre 2025 est un signal encourageant, mais insuffisant pour parler de redressement durable. Les chefs d’entreprise doivent rester attentifs aux évolutions sectorielles et aux risques macroéconomiques, tout en profitant des marges de manœuvre offertes par la baisse de l’inflation et la stabilisation des coûts.

Pour les dirigeants de TPE/PME, l’enjeu est double :

  • Consolider leur trésorerie dans un contexte de croissance faible.
  • Investir dans la transformation numérique et écologique, pour gagner en compétitivité à moyen terme.